Depuis quelques semaines, on échange pas mal avec la Green Session, et on se rend compte que nos actions se rejoignent. La Green Session est un media/communauté/boutique de vente en ligne tourné vers les sports de glisse, chez POW on est une asso focalisée sur le ride en montagne, en somme nos objectifs convergent vers la protection de nos terrains de jeux, de la nature. On a interviewé Pierre Barbez, un Green Rider, fondateur du projet.

POW France : Peux tu te présenter en quelques mots ?

Pierre Barbez : Je m’appelle Pierre, j’ai 37 ans. Après avoir vécu quelques années à l’étranger, il y a deux ans je suis venu m’installer avec ma compagne, mes deux enfants, nos poules et nos moutons du côté de Nantes. Entre la fin de mes études et ce déménagement à Nantes j’ai eu une vie professionnelle qu’on pourrait qualifier d’intense, passionnante mais … dévorante à tous points de vue (beaucoup de déplacements et de stress) et au final avec peu d’intérêt pour le bien collectif.
Il y a deux ans, on a donc pris la décision de changer radicalement de vie, en s’installant à la campagne et en quittant mon ancien job pour m’investir dans la création d’un média, La Green Session.

Comment es-tu arrivé dans le monde de la glisse (en mer) et quels sports de pratiques-tu ?

J’ai commencé la glisse à la montagne. J’ai eu la chance d’avoir des parents qui avaient les moyens de nous emmener au ski une semaine par an. J’ai donc fait mes débuts sur des skis à Valmorel, dans les Alpes. Comme on est allés tous les ans dans la même station, à un moment j’ai voulu essayer autre chose, j’ai “sacrifié” une semaine de ski pour passer au snowboard. J’en ai fait quelques années avant de revenir au ski.
Et puis il y a quelques années je me suis mis au kitesurf.

Peux tu nous raconter ta meilleure session ?

Ce n’est pas évident d’en sortir une en particulier… Pour moi une bonne session n’a pas besoin d’être dans un cadre idyllique, avec des conditions tiptop (même si ça aide !). Car avant tout une session c’est du partage. Celle où tu navigues en regardant ce que font les copains, ça challenge, ça motive, ça peut aussi bien faire rire et puis … ça permet de faire un débrief de folie avec quelques bières. Ces sessions sont souvent au pied de chez soi, pour moi c’est à Quiberon, en Bretagne.

Au fil de ta pratique sportive, as-tu remarqué des changements dans le paysage de tes spots préférés ?

Pour la montagne c’est dur à dire parce que je n’y suis que quelques jours par an. En regardant les conditions (de loin) j’ai quand même l’impression que l’enneigement est beaucoup plus incertain. En ce qui concerne la mer et plus particulièrement les plages, chez moi dans le Nord (je suis originaire de Lille), il y a certains endroits où les blockhaus, qui étaient à des centaines de mètres de la mer quand j’étais petit, ont maintenant les pieds dans l’eau.

Est-ce que cela t’a poussé à changer des aspects de ta pratique ?

Oui. Depuis environ 3 ans, j’ai petit à petit pris conscience de mon impact, et je me questionne de plus en plus sur mes gestes, mais aussi et surtout ma façon de consommer.
Dans ma vie de tous les jours, j’ai déménagé à la campagne, j’ai changé de travail, je mange de moins en moins de viande, je cultive mon potager …
Au niveau de ma pratique sportive, je ne prends plus l’avion, je répare au maximum (c’est incroyable tout ce qui est réparable… même si ce n’est pas toujours moins cher), j’achète d’occasion et lorsque je ne trouve pas, je vais chercher un produit qui sera le plus éco-conçu et local possible… ça prend un peu de temps, mais ça évite aussi les achats impulsifs qui au final… trainent au fond du garage !

As tu remarqué des changements chez d’autres pratiquant.es ?

Oui, je rencontre de plus en plus de personnes qui ont décidé de consommer différemment. Qui se questionnent, chacun à leur rythme, avec leurs sensibilités et leurs moyens. Généralement ils commencent par du ramassage sur les plages, et puis ils se rendent compte que tout ce qu’on y trouve vient de notre caddie. Et ça implique des changements dans les habitudes de consommation, avec du vrac, du bio, du local.
Ce qui m’a le plus marqué dernièrement c’est un coach de kitesurf assez connu en France qui a annoncé que dans les mois à venir il donnerait 70% de ses cours en France, alors que ces dernières années c’était plutôt 90% à l’étranger. Pourquoi ? Parce qu’il se sentait « con » lorsqu’il prenait l’avion. Pour moi ça montre un énorme changement dans les mentalités. Ce genre de déclaration va avoir un effet boule de neige.

Quels conseils peux tu donner aux rider.euses qui veulent réduire leur impact sur l’environnement ?

Le seul conseil que je puisse donner c’est d’être curieux. De se renseigner, de croiser les sources, de trouver son propre équilibre. C’est difficile de changer du tout au tout en quelques semaines. Cela prend un peu de temps, mais plus on se renseigne, plus cela devient évident.
On commence toujours par des petits gestes, et puis on en fait de plus en plus, on inspire notre entourage (amis, famille, voisins), on les embarque avec nous, c’est ça l’effet boule de neige … jusqu’au jour où on est suffisamment nombreux à vouloir un changement et que cela se reflète dans les urnes, avec l’élection de personnes qui ont les mêmes convictions et qui pourront faire bouger les choses à une autre échelle.
Ah aussi autre conseil, venez lire les articles de La Green Session 😉 on y décrypte les impacts des riders et on propose des alternatives concrètes !

Comment est née l’idée de la Green Session ?

L’idée est née il y a un peu plus de 2 ans avec Vincent. En fait c’est un mélange de trois éléments :

  • la volonté de donner du sens à notre travail
  • des convictions écologiques et sociales fortes
  • la passion pour l’outdoor et plus particulièrement les sports de glisse

Et au final ce qui avait le plus de sens pour nous c’était d’aider les riders à préserver nos terrains de jeux.
En creusant on s’est vite rendu compte que tout était lié à nos modes de consommation. Si je pollue avec mon achat ici, ça se retrouvera à un moment ou à un autre sur mon spot (disparition des plages, montées des eaux, moins de neige, pollution chimique, bactérienne, … ).
On a initié le projet avec une boutique en ligne qui propose une sélection de produits éco-responsables pour les riders. Ainsi on a focalisé nos efforts du début sur le « consommer mieux ». Rapidement on a voulu donner une autre dimension au projet en axant notre travail sur le « consommer moins ». La Green Session est désormais un média dont l’objectif est d’aider les riders à changer leur mode de consommation pour à la fois réduire leur impact mais également inspirer leur entourage à en faire autant.

Pierre et Vincent, les deux fondateurs de la Green Session

Peux tu nous présenter la Green Session et ton implication ?

La Green Session c’est un média indépendant (nous ne sommes payés par aucune marque !) qui permet de sensibiliser les riders à la préservation de nos terrains de jeux. Notre communication est principalement axée sur le consommer moins mais mieux.
À travers nos articles, on décrypte les impacts des produits utilisés par les riders (veste de ski, baselayer, planche de surf, etc…). Pour nous c’est l’étape la plus importante. Pour pouvoir réduire, il faut avant comprendre nos impacts. Puis on propose des alternatives et des conseils comme la réparation, l’occasion et enfin en dernier recours l’achat éco-responsable.
La Green Session c’est également et surtout une communauté de plus de 3 000 riders qui partagent les mêmes valeurs que nous. Nous échangeons avec eux tous les jeudis grâce à notre newsletter et c’est un pur bonheur !
En parallèle de notre activité de média, on s’implique également dans des projets qui ont du sens par rapport à notre concept de glisse éco-responsable. On travaille notamment en ce moment sur un projet de poncho de surf upcyclé, Ponchouille. L’objectif est de proposer une alternative éco-responsable aux ponchos de bain fabriqués à des milliers de kilomètres avec des matières premières gourmandes en eau et en pesticides. Ponchouille sera fabriqué en Bretagne dans un ESAT à partir de serviettes de bain récupérées. 

Pierre en Ponchouille

Comment les riders peuvent-ils aider la Green Session ?

Il y a plein de façons de participer activement à La Green Session. Il y a quelques semaines on a justement écrit un article dans lequel on a listé toutes les façons pour un rider de s’impliquer dans le projet.
Ça va de l’inscription à la Newsletter, jusqu’à la rédaction d’un article de blog ou la mise en relation avec d’autres personnes (riders, medias, influenceurs…). Il y en a pour tous les goûts et toutes les compétences !

Suzie Mandier

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